Chiffrage et trajectoire d'atterrissage

Explications sur le calcul des quotas

Nous nous sommes basés sur les scénarios du GIEC, repris par le Commissariat Général au Développement Durable dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC), et retenus deux points d’étapes nécessaires pour contenir le réchauffement climatique sous 1,5 °C d’ici la fin du siècle :

  • Moins de 3,5 t CO2e par personne et par an, d’ici 2030
  • Moins de 1,3 t CO2e par personne et par an, d’ici 2050

En faisant l’hypothèse que nous choisissons de consacrer 20 % de cette empreinte carbone aux voyages en avion*, et compte tenu des émissions constatées actuellement (Base Impact ADEME), cela aboutit à un quota de distance de :

  • 4 000 km/an en 2030 (soit un tour du monde tous les 10 ans environ)
  • 1 300 km/an en 2050 (soit un tour du monde tous les 20 ans environ)

*NB : choisir de consacrer 20 % de notre quota d’émission à l’avion est un choix discutable. Cela revient à contraindre des efforts d’autant plus importants sur les autres secteurs, y compris alimentation, mobilité quotidienne, santé, éducation, etc. pour un service non essentiel.

Impact de la mesure

Sur la base des enquêtes conduites par la DGAC, nous avons estimé la part de la population en fonction des distances parcourues chaque année en avion, et les émissions de GES associées.

Figure 1 : Part de la population selon la distance parcourue chaque année en avion, et émissions associées

Ces estimations nous permettent d’estimer la part de la population française concernée par ces mesures de quota :

  • Dès aujourd’hui (quota de 40 000 km) : 1 % de la population concernée, réduction des émissions de l’ordre de 15 à 20 %,
  • 2025 (quota de 10 000 km) : moins de 5% de la population, réduction des émissions de 30% à 40%,
  • 2030 (quota de 4000 km) : moins de 10% de la population, réduction des émissions de 40% à 50%.

On constate donc que cette mesure permet de nous aligner sur les trajectoires de réduction nécessaires dans les 10 prochaines années, tout en n’ayant un impact significatif que sur une minorité de la population (les usagers les plus réguliers).

En 2050, c’est une majorité de la population qui pourrait être concernée par ces mesures de restriction. Cependant, la trajectoire progressive proposée permet de rendre cette contrainte beaucoup plus acceptable, en :

  • Réduisant les inégalités d’accès à ce mode de transport,
  • Détournant une partie des voyages effectués en avion par les « grands voyageurs » vers des alternatives (voyages plus proches, télétravail, voyages en train ou en bateau), contribuant à renforcer l’attractivité de ces alternatives et de stimuler leur développement.

De toute évidence, cette mesure aura un impact significatif sur le secteur aéronautique. Ce secteur, et particulièrement ses salariés, doivent être accompagnés dans cette transition et leur reconversion.

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