Quelques chiffres

Pourquoi les 3 actions de Résistance Climatique me permettent de diviser mon bilan carbone d’un facteur 2 à 10 ?1

 

La part du Colibri

Ou quelques ordres de grandeur pour un monde viable

Chère à Pierre Rabhi, l’histoire du colibri qui fait des allers et retours à la rivière pour jeter quelques gouttes d’eau sur l’incendie est largement connue. Lorsque les autres animaux, stupéfaits, lui demandent ce qu’il croit faire, lui, le tout petit oiseau, il répond : « je fais ma part ». Les autres animaux édifiés s’animent enfin et luttent contre l’incendie. La forêt est ainsi sauvée. Ce beau conte est à l’origine du nom du mouvement des Colibris en France. Chacun de nous semble un petit colibri face à l’ampleur des problèmes. Prendre la responsabilité de sa propre vie, c’est justement « faire sa part ». Mais comment savoir si l’on a fait plus ou moins que sa juste part ? Quelques éléments chiffrés peuvent nous y aider.

 

Bilan carbone personnel

Pour que la concentration de CO2 dans l’atmosphère cesse d’augmenter (ce qui est indispensable pour espérer stabiliser le climat à terme), il faut que les émissions humaines de gaz à effet de serre ne dépassent pas ce que les océans et les forêts sont capables d’absorber.

Jean-Marc Jancovici, expert des questions climatiques écrit : « L’objectif mondial qui a un sens sur le plan physique est donc d’arriver à 3 Gt de carbone par an tout au plus (pour nos émissions de CO2). 3 milliards de tonnes de carbone2 pour 6,7 milliards d’individus (en passe de devenir 9 d’ici à 2050), cela signifie, si nous répartissons équitablement le “droit à émettre”, tout au plus 460 kg de carbone par personne et par an, ou encore 1,64 tonne de CO2 par personne et par an (en moyenne planétaire, donc). » Ce qui signifie diviser par quatre les émissions du Français moyen !3

« Avec les technologies actuelles, la limite est vite arrivée, puisqu’il suffit, pour atteindre ce “droit maximal à émettre sans perturber le climat” (de 460 kg de carbone), de faire une seule des actions suivantes :

- faire un aller-retour de Paris à New York (en avion, pas en scaphandre autonome !),

- ou acheter 50 à 500 kg de produits manufacturés, soit au plus le tiers d’une petite voiture, moins s’il y a beaucoup d’électronique ou de matériaux rares (en termes monétaires cela représente de 2000 à 6000 euros de dépenses pour des produits),

- ou acheter 1 à 2 micro-ordinateurs à écran plat,

- ou construire 4 à 5 m² de logement béton,

- ou faire 5000 km en zone urbaine dense en voiture « moyenne », ou 2500 km en gros 4×4 ou en Mercedes (en ville dense aussi),

- ou consommer un peu plus de 7000 kWh de gaz naturel (soit quelques mois de chauffage d’un logement),

- ou acheter 90 kg de bœuf avec os. »

Chacune de ces actions représentant un an d’émissions pour une personne, elles ne peuvent être réalisées que peu de fois dans une vie soutenable.

Le site https://www.footprintnetwork.org/ permet d’évaluer ses émissions de manière simple.

On constate que l’avion, la voiture, la viande et l’électronique sont des sources d’émission majeures qui nous mènent très vite au-delà de notre « droit à émettre » dans le cadre du facteur 4. Les 2 000 km en voiture représentent environ une moitié de ce droit à émettre, ce qui laisse une autre moitié pour se loger, s’habiller, se nourrir, s’équiper...

Pour plus de détails  nous vous invitons à consulter l'excellent site de Jean-Marc Jancovici.

 

Et pour suivre le retard que nous accumulons sur les engagements que nous avons pris :

L’Observatoire Climat-Énergie est un outil développé par le Réseau Action Climat et le CLER-Réseau pour la transition énergétique. Il vise à faire un état des lieux et à évaluer le niveau d’accomplissement des objectifs climatiques et énergétiques de la France, définis dans la Loi de transition énergétique pour la croissance verte et déclinés dans la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE). Sa vocation est de permettre un débat éclairé, fondé sur un état des lieux partagé.

 

 

1 Cette explication est tirée en partie du livre : Permaculture, Créer un mode de vie durable de Gildas Véret

2Pour ceux qui aiment regarder les chiffres, attention à ne pas confondre les tC et les tCO2 : 1 tonne de carbone correspond à 3,66 tonnes de CO2 car l’oxygène pèse lourd !

3https://jancovici.com/changement-climatique/agir-collectivement/que-signifie-concretement-darreter-la-hausse-du-co2-dans-lair/ [lien valide mai 2017]. Cette définition historique du facteur 4 date un peu. Aujourd’hui, la référence n’est plus la capacité d’absorption des puits de carbone, mais des scenarii de forçage radiatif reliés à des scenarii d’émission, les RCP. Seul le RCP 2,6 permet de rester sous la barre des + 2°C. Dans ce scénario et selon « Les chiffres clés du climat, France et Monde, 2017 » , il reste à l’humanité un « budget CO2 » de 1300 Gt à partir de 2011. Ce qui, réparti sur le reste du siècle et entre 9 milliards de personnes, nous ramène à l’ordre de grandeur de 1,6 tCO2 par personne et par an. Les chiffres mis avant par Jancovici ont donc toujours du sens dans cette approche. Néanmoins, les émissions liées au RCP 2,6 doivent diminuer progressivement depuis le niveau actuel jusqu’à des émissions nettes nulles en 2070.

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